Comment j’ai rendue mon enfant opposant ou l’art de trop aimer..

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C’était ma première grossesse, mon premier accouchement. Lors de ta naissance, nous avons passé proche de te perdre. Moi je n’y comprenais rien, ton papa était inquiet et ta mamie qui assistait à ta naissance fut incapable de venir nous visiter a l’hôpital. Dès ce moment, allait de créer un lien d’attachement si fort entre toi et moi que je t’ai trop aimer, jusqu’à t’étouffer. Ta première nuit à la maison, nous l’avons passé sous les lumières car j’étais incapable de dormir sans elles, de peur que tu ne meurs encore. Ton papa trouvais cela exagèré mais il a accepté mes insécurités. Tes siestes, tu les faisais sur maman. Je me suis procuré un porte bébé juste pour te garder collé à moi et diminuer le nombre de personne qui pouvait te prendre, même dans ta famille élargit. J’ai eu des froids avec ta grand-mère, j’ai même été méchante, t’emmenant avec moi en dehors de la maison lorsqu’elle venait nous visiter. Je t’ai couvers de bisous et de câlin. Je t’ai dit Je t’aime au moins 10 fois par jours. J’ai refusé que tu ai à la maternelle 4 ans juste parce que maman a peur que tu te sauves de l’école. Puis un jour j’ai compris que je devais couper le cordon. Ce jours là, je venais d’apprendre que j’étais enceinte de ton petit frère. Je devais me détacher pour faire de la place à cet enfant. Mais j’ai en quelques sorte échouée, pleurant pendant 9 mois en me demandant comment j’allais pouvoir aimer 2 êtres en même temps. J’ai accepté que tu ai à la maternelle 4 ans mais juste 2 demi journées par semaines. Je t’ai inscrit au soccer en espérant que tu ne lâche jamais le ballon des yeux. Moi qui t’ai toujours garder à la maison lors de mes congés, j’ai accepté que tu puisse aller jouer avec tes amis de la garderie 3 jours par semaines.. J’ai fais des efforts mais..
Tu réclames ton autonomie, ton individualité mais en même temps tu voudrais que maman continue de faire les choses à ta place. Dès ce jours, je t’ai couvée à un point tel que je suis reconnu comme la mère poule de la famille. J’ai toujours refusé que ta marraine te garde chez elle, aucun inconnu n’a eu soin de toi, ton éducatrice c’est ta mamie. Je te tiens encore la main sur la rue. Je t’assoit encore dans le panier d’épicerie. Au parc, j’ai peur que tu te sauve. Je t’ai et te tiens tellement près de moi que tu es mêlé dans ta petite tête de 4 ans. Tu as eu ton complexe d’oedipe.. Avec mon modèle de partage d’amour et de câlin, tu m’as étouffé à ton tour. Je t’ai quelques fois rejeté, me sentant trop en symbiose avec toi. Ça t’a fait mal au point de ne plus savoir comment gérer toute l’attention que je t’ai porté pour ensuite en recevoir moins.
Tu contredits tout ce que je dis, tout ce que je te demande. Je te dirais que mes yeux sont bruns, tu me dirais qu’ils sont bleus. Tu me frappe, me crache dessus. Tu mets volontairement tes mains et tes pieds ou il ne faut pas. Te te lance dans les murs, te fait plein de blessures et tu arrête subitement quand je te dis que Je t’aime. Tu as un besoin si fort d’être rassurer sur l’amour que je te porte mon coco, maman ne comprend pas puisqu’elle t’en a tant donné. Encore traumatisé de ta naissance, Maman voulais que tu reste tout petit, que tu reste un bébé, ensuite je m’étonne que tu n’es pas acquis la propreté…
Ton papa apprend tranquillement à jouer avec toi. Il faut dire qu’il n’a jamais fait ça avant et qu’il n’a pas eu d’adulte pour le faire avec lui lorsqu’il était enfant. Sa maman lui répète depuis 14 ans mais il n’a pas encore compris. Il aura fallu que tu en arrive a ce diagnostique de trouble de l’opposition avec provocation et que maman le pousse très fort dans le dos pour qu’il comprenne.
Moi qui croyait qu’en te donnant de l’amour pour 10, qu’en t’aimant pour 2, qu’en compensant son absence parce qu’il travaille de nuit, ça t’immuniserait de tout.. Je me suis trompé.

Je t’aime plus que tout mon petit Hibou xxx

* j’ai écris ce texte en 2014. À ce moment je venais d’apprendre que mon fils semblait avoir un trouble d’opposition avec provocation. Je n’y connaissait rien et c’était à l’étape ou en tant que parent on se culpabilise d’avoir un enfant différent. Bien qu’une part du problème prend racine dans notre façon d’intervenir avec nos enfants, je sais aujourd’hui qu’une partie du problème n’est pas de mon ressort et qu’il est dans la nature de mon fils.